CAROLINE HAYEUR. Résolument optimiste, marquée par une expérience de terrain depuis le début des années 90, l’artiste explore les questions du corps social : convivialité, partage et différences. Sa quête est celle des lieux et des formes de socialisation – amicale, filiale, communautés plurielles – dans la lignée du documentaire et du portrait humaniste. Elle agit telle une anthropologue visuelle et sa démarche peut se qualifier d’ethnologie du quotidien. Ses mises en espace et ses installations, généralement de grands déploiements, s’inscrivent dans le champ de la photographie plasticienne.
 

PHOTOGRAPHIE.En 1997, RITUEL FESTIF – PORTRAITS DE LA SCÈNE RAVE À MONTRÉAL débute une longue incursion dans le monde de la nuit. Après une tournée de plus de 10 ans à travers l’Europe et l’Amérique, le corpus est représenté en 2019 sous forme de diaporama au sein de l’exposition Electro, De Kraftwerk à Daft Punk au Musée de la musique - Philharmonie de Paris, à la Bienale de Venise et au Design Museum de Londres. RITUEL FESTIF, TANZ PARTY puis AMALGAT : DANSE, TRADITION ET AUTRES SPIRITUALITÉS témoignent du corps en mouvement et font l’objet de livres, tournées et sites web. HUMANITAS, une série de portraits illustrant les émotions fortes de la naissance à la mort, est présentée plusieurs fois au Québec et à Toulouse lors du festival ManifestO en 2013. Avec ADOLAND, elle poursuit son périple dans le monde de l’adolescence. Le corpus a été présenté dans six lieux de diffusion au Québec depuis 2014. Depuis 2020, avec Radioscopie du dormeur, elle documente le monde du sommeil. Le premier volet de ce nouveau projet est le fruit d’une résidence d’artiste réalisée dans la région québécoise du Kamouraska avec la participation de la communauté alentour.

MÉDIATION. Depuis 2003, l'artiste orchestre des projets d’échanges et de formation. Sous forme de mission photographique ou d’atelier, elle travaille sur la créativité, l’identité, l’expression et l’estime de soi. Que ce soit avec des jeunes d’origine haïtienne du quartier Saint-Michel en parallèle à l’exposition STOCK EN HAÏTI: QUINZE ANS (2003) ou auprès de nouveaux arrivants pour AMALGAT: DANSE, TRADITION ET AUTRES SPIRITUALITÉS (2007), le but demeure le même: l’utilisation de la photographie en tant qu’outil démocratique pour une valorisation de l’humain dans son environnement. Nommons aussi l'œuvre in situ ICI C’EST CHEZ MOI (HABITER, VU, Québec, 2006) et le projet web HABITER — AU-DELÀ DE MA CHAMBRE (ONF, 2011) où elle convie des adolescents à photographier leur chambre. L’esprit de communauté sous-tend toute la pratique de l’artiste: la recherche de terrain et l’acte de médiation sont les clés pour rejoindre les acteurs de ses pièces.

 

 
CONTACT
1 (514) 998-1383
Montréal / Québec / Canada
 

ARTS MÉDIATIQUES. Multipliant les projets d’équipe tant sur le web que sous forme d’installation, Hayeur collabore entre autres avec l’ONF Interractif depuis les débuts du studio. La rencontre avec la musicienne Myléna Bergeron mène en 2003 à la signature commune du duo Les Ying Yang Ladies. Depuis elles conçoivent des vidéomusiques et des performances audio visuelles en direct. Cette complicité permet à la photographe d’approfondir de nouvelles recherches esthétiques et d’élargir sa pratique vers l’image en mouvement et la dimension sonore. En 2006, invitées en résidence au Duolun MoMA de Shanghai, elles entreprennent le projet MAPPING TERRITORIES. La performance qui en est issue, MT : A SHANGHAI STORY, est présentée entre autres au festival HTMlles8 en 2007, au 19th St.John’s International Women’s Film Festival à Terre–Neuve en 2008 et au Domaine d’O à Montpellier (France) en 2009. Au Festival Voix d’Amériques 2010, Les Ying Yang Ladies sont les maîtres d’œuvre du spectacle DANS LA FORÊT, PLUS ON AVANCE PLUS LE BOIS EST GRAND. Pour cette performance, elles invitent cinq jeunes auteures à intégrer l’espace scénique. En 2016, elle signe ABRAZO (suite à une résidence d’artiste à Buenos Aires), projet d’installations photo et vidéo, en duo avec l’artiste interdisciplinaire D. Kimm. Incursion intime dans l’univers du tango, Hayeur en capte les mouvements et atmosphères. ADOLAND GASPÉSIE – LE FILM : Ma chambre c’est mon territoire effectué dans le cadre d’une résidence d’artiste a été présenté sur La Fabrique culturelle de Télé-Québec.

PHOTOJOURNALISME. Caroline Hayeur est membre du Collectif Stock Photo (Montréal) – collectif de photojournalistes indépendants depuis 1994. En 2013, elle était la Porte-parole du Zoom Photo Festival Saguenay. Elle enseigne depuis plus de 15 ans le photojournalisme à l’École des médias de la Faculté de communication de l’Université du Québec à Montréal. 

Curieuse, mais jamais voyeuse, intimiste plutôt qu’opportuniste, la démarche de Caroline Hayeur s’inscrit dans un art documentaire de nature collaborative.

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